La trajectoire de Calle Malaga ressemble à une véritable success story cinématographique. Déjà salué lors de grandes manifestations internationales, le film s’est vu décerner le prix du meilleur film international au Göteborg Film Festival, l’un des rendez-vous majeurs du cinéma en Europe du Nord. Une nouvelle distinction qui consacre le regard singulier et délicat de Maryam Touzani, figure incontournable du cinéma marocain contemporain.
Après Adam et Le Bleu du Caftan, la réalisatrice signe avec Calle Malaga un long-métrage d’une grande justesse émotionnelle, porté par une mise en scène épurée et une narration intime. Le film raconte l’histoire de Maria Angeles, une Espagnole de 79 ans vivant seule à Tanger, interprétée avec une intensité remarquable par Carmen Maura, légendaire actrice et muse de Pedro Almodóvar.
Installée depuis des années dans la ville du Détroit, Maria voit son quotidien basculer lorsque sa fille décide de vendre son appartement sans son consentement. Refusant de se laisser déposséder de son lieu de vie et de ses souvenirs, la vieille femme entre en résistance. Ce combat intime devient alors le point de départ d’une transformation profonde, ouvrant la voie à une redécouverte inattendue de l’amour et du désir de vivre.
À travers ce portrait poignant, Maryam Touzani explore avec finesse les thèmes de la vieillesse, de l’exil, de la liberté individuelle et du droit à choisir sa propre destinée. Tanger, filmée avec douceur et pudeur, devient un personnage à part entière, théâtre d’une renaissance tardive et d’une émancipation silencieuse.


